Chez Cordélia

Anges et fées, les arts divinatoires et la passion de l'ésotérisme
 
AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Petite Histoire du Tarot

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Cordélia
Fondatrice
Fondatrice
avatar

Messages : 153
Date d'inscription : 15/09/2009

MessageSujet: Petite Histoire du Tarot   Mar 15 Sep - 9:57

Tarot, traditions et voyance
par Charly ALVERDA

Le texte ci-dessous m’a été proposé par mon ami Charly ALVERDA, grand érudit et auteur d’un magnifique ouvrage consacré au compagnonnage et au tarot de Jacques Vieville. Charly Alverda nous instruit avec cœur et passion sur le forum Tradition des tarots de Marseille. C’est avec gratitude et esprit de fraternité que nous l’accueillons ici. Je sais combien il peut être irrité par l’usage divinatoire des tarots historiques, c’est une raison de plus pour le remercier de sa contribution sur ces Chroniques de la Voyance un peu trop exotériques pour lui !

Laurent EDOUARD

Vers la fin du XVIIIe siècle, quand les maîtres-cartiers disparaissent, deux francs-maçons, Court de Gébelin et le Comte de Mellet, présentent le jeu de tarots comme un livre égyptien, le livre de Toth. Or, au siècle précédent, tout livre égyptien désignait un livre hermétique, un livre d’alchimie. Un autre franc-maçon alchimiste, Etteilla, dessinant son propre jeu, le désigne comme une suite de hiéroglyphes. Jusqu’au début du XXè siècle, on ne considère plus le Tarot que comme outil occulte, principalement de divination. Les Eliphas Levi, Papus, Wirth, Chaboseau… tous francs-maçons, proposent leur vision et redessinent les cartes fustigeant l’ignorance crasse des cartiers ! Ils inventent les termes de “lames” et “arcanes” subdivisés en majeurs… et mineurs car ne sachant que faire de ces derniers.

Si le tarot tel que nous le connaissons désormais fut bien une affaire de maçons, il conviendrait de savoir quelles applications ils en pouvaient tirer ? Ce sont les membres de la Golden Dawn qui, à ma connaissance, furent les plus inventifs en ce domaine.

L’”Hermetic Brotherhood of the Golden Dawn” (Fraternité hermétique de l’Aube dorée) fût fondée en 1888 par trois francs-maçons : Samuel Mathers, William R. Woodman et Wynn Westcott, tous trois membres de la Societas Rosicruciana In Anglia (SRIA). Ces trois hommes étaient versés en Cabale, Alchimie, Astrologie, Géomancie, Tarot et Tattwas hindoux nouvellement découverts. C’est le mélange de l’influence orientale et des tarots qui fait l’originalité des rituels basés sur la visualisation et l’accès aux plans de la voyance.

L’énergie tattwique est celle de l’impulsion centrale qui maintient la matière en un certain état vibratoire, il y a 36 tattwas, comme autant de décans dans la roue zodiacale.
Selon Marcelle Senard (Le Zodiaque) : du dédoublement de l’Unique naissent les couples opposés Essence-Substance, Air-Feu et Eau-Terre, Esprit-Matière, et ainsi de suite, puis par l’union de ces couples dans l’action-réaction des modes innombrables de l’Etre manifesté, ou combinaisons des 36 Tattwas… les Tattwas ou modes de l’Énergie unique se différencient, se multiplient, puis se synthétisent. Ces modes s’expriment aussi bien par des “dieux”, des états de conscience ou par les innombrables “Objets” miroirs du “Sujet” unique, qui constituent l’Univers, mais qui reflètent d’autant moins fidèlement le Sujet divin qu’ils sont plus différentiés.

Aux trois principes d’Eliphas Levi, la volonté humaine, la correspondance (entre microcosme et macrocosme, l’homme et l’univers) et la lumière astrale, La Golden Dawn en ajouta un quatrième, celui de l’imagination magique. Sans le recours à ce dernier, Mathers prétendait que la volonté était presque impuissante. Pour pratiquer la Magie, disait l’un des rouleaux volants (les manuscrits d’instructions de la Golden Dawn), on doit faire appel à l’imagination autant qu’à la volonté, car elles sont égales entre elles. Et même, l’imagination doit précéder la volonté afin de produire le plus grand effet possible. La volonté sans soutien peut envoyer un courant et ce courant ne peut être totalement inopérant. Cependant l’effet en est vague et indéfini, parce que la volonté sans soutien n’émet rien d’autre que le courant ou la force. L’imagination sans soutien peut créer une image et cette image peut avoir une existence de durée variable. Cependant elle ne peut rien faire d’important à moins d’être vitalisée et dirigée par la volonté. Mais, quand les deux sont réunies - quand l’imagination crée une image et que la volonté l’utilise et la dirige -, de merveilleux effets magiques peuvent être obtenus.

La première tâche de l’adepte était de confectionner ses “armes” magiques qui étaient au nombre de sept : une coupe pour l’Eau, une dague pour l’Air, un disque pour la Terre, une baguette pour le Feu, une épée pour l’énergie martienne, une baguette de lotus pour les invocations, et une Rose Croix.

Les quatre premières armes sont en relation avec les quatre Eléments qui ne sont pas les éléments physiques de la terre, de l’air, du feu et de l’eau, mais les forces spirituelles qui se manifestent sous ces modes. Le dessin de l’épée s’inspirait d’une source médiévale, le grimoire connu sous le nom de Sceau de Salomon, la Rose Croix comprenait vingt-deux pétales de diverses couleurs, dont chacun correspondait à l’un des “Atus de Thoth” - les atouts du tarot - et à l’une des lettres de l’alphabet hébraïque. Cette rose était placée au centre d’une croix aux couleurs des quatre éléments. L’utilisation de ces couleurs doit être interprétée comme une application de la théorie particulière de la Golden Dawn : la couleur sert de lien entre l’esprit et la matière, de porte “astrale” non seulement de son propre inconscient, mais aussi de l’inconscient collectif jungien, et de l’anima mundi des alchimistes : l’âme du monde.

Pour la Golden Dawn les cinq premiers Tattwas sont : Tejas (le feu), un triangle équilatéral rouge, Prithivi (la terre), un carré jaune, Apas (I’eau), un croissant de lune argenté, pointes en haut, Vayu (l’air), un cercle bleu-vert, et Akasa (lumière astrale, un oeuf violet sombre. De ces cinq Tattwas majeurs, on peut en former vingt autres, dérivés, en plaçant sur un Tattwa donné une image réduite de l’un des quatre autres. Ainsi Prithivi de Tejas (l’aspect terrestre du feu) serait représenté par un triangle équilatéral rouge sur un carré jaune, alors que Tejas de Prithivi, (l’aspect enflammé de la terre) présenterait les memes symboles en position inverse.

Voici le compte-rendu que fit Francis King dans “Aspects De La Tradition Occidentale” paru aux éditions du Seuil en 1975 :

L’adepte de la Golden Dawn confectionnait ses vingt-cinq cartes Tattwas (cinq majeures, vingt dérivées) et en choisissait une pour sa première expérience de projection astrale. Il fixait des yeux la carte choisie jusqu’à n’avoir plus qu’elle de présent à l’esprit. Alors, par son œil mental, il transformait en imagination la carte en une vaste porte (ou, parfois, un rideau brodé), ordonnait à la porte de s’ouvrir, la franchissait et faisait alors l’expérience d’une “vision astrale” ou, si l’on préfère, d’un rêve éveillé, psychologiquement signifiant, thérapeutique et contrôlé. Il faut ajouter que la plupart de ceux qui ont expérimenté cette technique ont déclaré, d’une part, que la nature du rêve éveillé entretenait une véritable relation avec le symbole employé - si l’on utilise le Tattwa de l’eau, on a généralement une vision “aqueuse” -, d’autre part, que si l’on emploie souvent cette technique les visions deviennent de plus en plus réelles. “Au début, dit le magicien et romancier J.-W. Brodie-Innes dans un manuscrit de la Golden Dawn consacré à la vision par les Tattwas, on croit que tout ce que l’on perçoit n’est que le produit de sa propre imagination, c’est-à-dire que l’on ne fait que prendre des bribes de mémoire, des fragments d’idées émises par d’autres hommes et glanées dans les livres, des images, etc., et qu’on s’en sert pour composer une nouvelle image. Mais si l’on poursuit ces expériences, on se convainc généralement que le nouveau “pays” dont on a pris conscience possède ses lois naturelles, tout comme le monde physique. Qu’on ne peut pas faire ou défaire la vision à volonté, que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que l’on n’est, en fait, qu’un pur spectateur, en aucun cas un créateur. ”

L’utilisation des symboles Tattwas ne constituait qu’une étape d’introduction aux explorations astrales de l’adepte. Une fois qu’il les avait maîtrisés, il continuait à I’aide de symboles plus complexes, des vingt-deux atouts de la version établie par la Golden Dawn du jeu de tarots, des sceaux - figures géométriques - attribués à divers esprits dans les grimoires, et pour finir, des “pyramides énochiennes“. Un récit subsiste de l’une de ces visions, expérimentée par Annie Horniman, la femme qui subventionna à la fois la poésie de W. B. Yeats et la Magic de Mac Gregor Mathers. Elle invoqua la pyramide correspondant au “carré A de l’angle mineur aérien de la tablette de I’Eau” et vit de nombreuses merveilles, dont un sphinx avec une couronne de saphirs et une armée d’esprits qui “portaient dans leurs mains des coupes en forme de lotus où ils recueillaient des gouttes d’eau et s’élançaient dans les airs avec elles“. Pour intéressantes qu’aient pu être ces visions pour ceux qui les connurent, on peut se demander si elles étaient de grande valeur spirituelle ? Il y a quelque raison de penser que, pour certains initiés de la Golden Dawn, elles constituaient plutôt un obstacle sur le chemin magique, une recherche de prodiges qui les distrayaient de ce qui aurait dû être le but ultime de leur activité magique : l’élévation de la conscience d un niveau supérieur, non pas un naufrage dans les délices ténébreuses de l’inconscient.

Les plus grands écrivains de la littérature fantastique de l’extrême fin du XIXè siècle et du début du suivant furent membres de la Golden Dawn. Si l’on peut mettre quelque peu à part Bram Stocker l’auteur de Dracula, on ne manquera pas de rapprocher les très curieuses ambiances du Peuple Blanc d’Arthur Macken de celles de Yeats ou encore de Gustav Meyrink.

Charly ALVERDA

Source: http://chroniquesvoyance.com/phenomene/859/traditionsvoyance.html étude
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chezcordelia.forumactif.org
 
Petite Histoire du Tarot
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Une jolie petite histoire …. pour méditer
» Que diriez-vous, "en prime", d'une petite... Histoire désobligeante?
» histoire séquentielle
» Eul mal coeffi d' Omonville La Petite!
» la petite histoire des sylvanian families en magasin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Chez Cordélia :: Le coin de l'Esotérisme :: Les Arts Divinatoires :: les Tarots-
Sauter vers: